Rouler à vélo enceinte

Les médecins sont unanimes : si on ne rencontre pas de problème de santé particulier, il est recommandé de maintenir une activité physique régulière modérée pendant la grossesse. Ce bouleversement du corps avec des modifications des taux d’hormones importants, n’interdit ni la marche, ni la natation, ni le vélo, qui sont des pratiques conseillées.

Mais la question revient souvent, d’autant plus que le vélo est un mode de déplacement qui est utilisé au quotidien par de plus en plus de femmes : est-ce qu’il y a des risques à faire du vélo enceinte ?

Le vélo est un bon moyen de rester active quand on attend un bébé, sous réserve de suivre quelques conseils et de savoir s’écouter.

Ventre femme enceinte 9è mois

Rouler à vélo enceinte : des avis contradictoires

Il est étonnant de voir combien la question du vélo est liée à la culture : pour une Européenne du Nord (Danemark, Suède, Norvège, Hollande), habituée à rouler au quotidien à vélo, la question ne se pose même pas ! Dans ces pays, où la culture du vélo est presque une tradition, les regards des passants sont bienveillants.

En Europe du Sud, de nombreux témoignages de femmes attestent qu’il n’est pas si simple de continuer à rouler à vélo pendant sa grossesse : des remarques ou des inquiétudes de l’entourage comme des autres usagers de la route se font régulièrement entendre.

Le regard des autres est donc très différent et il peut sembler simple et naturel de rouler jusqu’au 9ème mois de grossesse en Hollande, alors que dès le 1er mois une femme peut être mise en défaut en France ou en Italie.

Parallèlement, les conseils entre les professionnels de santé (gynécologues, sages-femmes, obstétriciens) sont parfois contradictoires, ce qui peut être déstabilisant pour une future maman. Certaines se retrouvent à faire du home trainer alors qu’elles auraient tout à fait pu continuer à rouler à vélo sans problème.

Ces injonctions contradictoires se retrouvent même au niveau des services de santé au niveau national : par exemple, au Royaume Uni, le National Health Service recommande l’usage du vélo pour les femmes enceintes mais met clairement en garde contre les risques.

Comme dans beaucoup de domaines, il n’y a pas de réponse définitive : tout dépend de la future mère : en particulier de ses habitudes, de sa santé, de sa forme physique, etc. L’essentiel est de se faire confiance et de bien écouter les signes de son corps afin d’adapter ses habitudes à sa vie de future maman.

Sur quel vélo rouler pendant la grossesse ?

Il n’existe pas à proprement parler, de vélo pour femme enceinte, mais on peut toutefois recommander plus particulièrement certains modèles qui seront plus adaptés pendant la période de maternité et qui seront parfaits pour le transport d’enfants.

Pédaler enceinte peut être plus facile sur certains types de vélos, surtout à partir du 2ème trimestre de grossesse.

Le vélo hollandais, idéal comme vélo femme pendant la grossesse

Un vélo femme, avec un enjambement bas (ou cadre en forme de col de cygne) facilite les phases de démarrage et d’arrêt et permet d’être pleinement en sécurité au moment où la phase de prise d’équilibre est la plus incertaine. La taille du cadre doit être parfaitement adapté à la morphologie de la cycliste.

Il est aussi recommandé d’utiliser un vélo hollandais ou un équivalent, qui permet d’être assis le dos droit. Sur un vélo sportif (VTC/VTT), la position du cycliste est plus dynamique, et donc penchée en avant. En cas de grossesse, il est beaucoup plus confortable de ne pas avoir le ventre qui tire vers le bas. Sur un vélo hollandais, le poids du ventre est bien réparti sur les jambes et ne sollicite pas le dos et les abdominaux, souvent malmenés pendant la grossesse.

Vélo hollandais classique Gazelle

Le vélo cargo, vélo familial par expérience

Si c’est un deuxième enfant et que le couple a réfléchi au vélo cargo, la grossesse peut être l’occasion de franchir le pas et d’investir dans un biporteur ou un triporteur pour transporter l’aîné en attendant le deuxième :

  • l’enfant sera autonome pour monter et descendre, contrairement à un porte bébé qui demande à soulever l’enfant jusqu’à hauteur du porte-bagages pour l’installer sur le siège, ce qui est à éviter à partir du 5-6ème mois de grossesse.
  • le cadre d’un cargobike est toujours très bas et l’enjambement est très facile.
  • En cas de fatigue de la maman, elle pourra se faire transporter avec son aîné et cette fois, c’est le papa qui sera mis à contribution pour piloter !

Enfant dans un vélo cargo avec sa mère

Comment adapter un vélo pour une femme enceinte ?

Outre le choix du vélo, certaines modifications et aménagements techniques peuvent nettement améliorer le confort pour une femme enceinte :

  • changer de selle : choisir une selle large et confortable, rembourrée avec du gel permet de maximiser le confort.
  • abaisser la tige de selle pour que la jeune femme puisse plus facilement toucher le sol à l’arrêt. Il faut cependant veiller à ne pas abaisser trop la selle pour ne pas que les genoux soient trop sollicités.
  • modifier la position de la selle (l’avancer ou la reculer selon ses besoins).
  • ajuster le guidon et le cintre, en fonction des besoins des besoins.

Quelques accessoires peuvent être appréciés pour assurer une plus grande sécurité :

  • un rétroviseur : qui permet d’éviter de se retourner
  •  un écarteur de danger : il incite les automobilistes à se déporter plus loin quand ils doublent le vélo

Et pourquoi ne pas accrocher un petit panneau home made « Bébé à bord » pour informer les automobilistes que vous n’êtes pas toute seule en selle ?

Voyager à vélo enceinte

Certaines femmes vivent la maternité alors qu’elles sont en plein voyage. ; l’important est de s’hydrater plus qu’à l’habitude et de bien ajuster son vélo au fur et à mesure de la croissance du ventre.

Les itinéraires avec de forts reliefs sont à proscrire, de même que rouler de nuit ou en cas d’intempérie, afin d’éviter tout risque de chute. De la même façon, les parcours doivent être adaptés afin de ne pas rouler dans une circulation importante ou sur des routes où la vitesse est élevée.

Les bienfaits du vélo pendant la grossesse

Les études réalisées sur le vélo et la grossesse démontrent qu’il y a de nombreux avantages pour une femme à faire du vélo enceinte. La grossesse s’accompagne le plus souvent d’un ralentissement au niveau de la mobilité, car la marche est souvent ressentie comme fatigante une fois que le poids du bébé s’installe.

Femme qui pose enceinte de 9 mois

Pédaler enceinte permet de rester active et d’avoir une pratique physique régulière. Le vélo apporte donc des bénéfices pour la santé de la future mère et pour celle de son enfant.

Le vélo procure du bien-être

Parce qu’il permet de se déplacer un peu plus loin et un peu plus vite qu’à pied, le vélo permet d’évacuer le stress, de se détendre et même de se sentir plus légère. Continuer à vivre en mouvement est positif pour le corps et pour l’esprit d’une future mère !

Le vélo aide à maintenir une prise de poids régulière

Le vélo, en tant qu’activité physique régulière, aide à maintenir une prise de poids régulière pour la femme enceinte. Associé à une alimentation équilibrée et diversifiée, c’est un excellent moyen de rester dans les courbes de poids conseillées.

Le vélo limite les risques d’œdème

Les œdèmes lors de la grossesse sont fréquents, dus notamment à la forte augmentation du taux d’œstrogène chez les femmes enceintes : l’œdème se caractérise par un gonflement sans gravité et qui disparaît le plus souvent à la naissance de l’enfant. Ces œdèmes touchent le plus souvent des extrémités du corps, en particulier des chevilles et des jambes.

Durant la grossesse, pour éviter les inconforts liés à ces gonflements, il est conseillé de pratiquer une activité physique régulière. L’utilisation du vélo, au quotidien, même sur des périodes courtes, permet de limiter ce risque.

Le vélo permet de rester musclée

Neuf mois sans exercice, cela fait long… la perte de la masse musculaire se fait rapidement sentir. En cas d’utilisation régulière du vélo, le corps conserve sa masse musculaire au niveau des jambes et du dos.

Une excellente préparation à l’accouchement

Le vélo aide à être endurante : sans pour autant forcer, il tonifie tous les muscles et entraîne la capacité respiratoire, qui sera très utile pendant l’accouchement, un moment qui demande beaucoup de ressources physiques.

La pratique du vélo abaisse le risque de diabète gestationnel

Le diabète de la femme enceinte est une maladie liée à la gestation, et qui se présente le plus souvent durant le 2ème ou 3ème trimestre de grossesse, c’est pourquoi il est aussi appelé diabète gestationnel. L’activité physique, en particulier le vélo, permet d’abaisser ce risque.

En effet, pour une femme présentant un diabète de grossesse, outre un régime spécifique et une prise régulière d’insuline, les médecins préconisent une activité physique régulière afin de favoriser la régulation du niveau de glycémie. En effet, l’activité physique puise le sucre présent dans le sang et permet un ré-équilibrage naturel ; si la future mère est en parfaite santé, et sous contrôle médical, elle peut donc utiliser le vélo comme moyen de rester physiquement active. De la même façon, elle peut pratiquer en parallèle des activités douces comme le yoga.

Femme enceinte en posture de yoga

Pédaler enceinte en toute sécurité

Il peut être utile de parler de son envie de continuer à faire du vélo à son médecin. Si la jeune femme a l’habitude de faire du vélo régulièrement et qu’elle n’a pas de souci de santé, il ne doit pas y avoir de contre-indication.

L’essentiel est d’éviter tout choc abdominal et toute chute afin de ne pas blesser le fœtus ou de ne pas risquer une fausse-couche. Pour ce faire, il convient de rouler sur des lieux sécurisés, d’éviter si possible le relief, et de bien respecter les signaux lancés par son corps. Cela oblige à être attentive aux signes de faiblesse de son corps (bouffées de chaleur, contractions utérines, sensations de vertige…) et à s’autoriser à faire une pause aussi souvent que nécessaire.

Ce sera peut-être l’occasion pour les vélotaffeuses de revoir leur parcours quotidien afin de l’adapter pour qu’il soit mieux sécurisé (pistes cyclables, zones piétonnes) et même de choisir d’alterner les modes de transport (marche ou transports en commun quand la fatigue se fait sentir et vélo quand c’est la pleine forme !).

Aller à son rythme est indispensable : le 1er trimestre, la fatigue est presque omniprésente, il faut accepter de pédaler plus doucement, et à partir du second trimestre, l’utérus commence à prendre de la place et à laisser moins d’espace aux autres organes. Tout se réorganise… la capacité pulmonaire est un peu moins importante, notamment.

Le 3ème trimestre marque le changement le plus important, qui peut influer sur la pratique du vélo : le poids du ventre modifie le centre de gravité de la femme, et impacte donc son sens de l’équilibre. Elle doit rester particulièrement attentive pour prévenir toute chute, en particulier au moment de l’élan de départ et quand elle s’arrête.

Si on a un autre enfant en bas-âge, le transporter jusqu’à ce qu’on sente que c’est la limite. Et ne pas se fixer de règles : on peut avoir envie de continuer à faire du vélo pour son premier enfant, mais de relâcher pour le deuxième. Il est important de s’écouter.
Suivez aussi nos conseils pour reprendre le vélo après l’accouchement.